2. Pourquoi elle ?
Devant le cinéma une silhouette menue et frêle se tenait bien droite. Une foule de cheveux bruns ondulés auréolait la tête de la jeune fille. Ses yeux sombres et vifs scrutaient le parking, attentifs à toute voiture qui y entrait. Quand la petite voiture blanche de Lionel fit son apparition, un sourire s’épanouit sur son visage. Elle attendit patiemment que les deux passagers sortent et approchent.
Elle eut une vague de frisson en détaillant son amoureux. Elle adorait ses cheveux blonds piquant dans tous les sens et son visage d’ange. Il avait une carrure haute et athlétique et fine et elle adorait cela aussi.
- Comment va mon tout beau ? Dit-elle en enroulant ses bras autour du cou de Lionel.
- Ton tout beau va bien, et comment va ma toute belle ? Retourna Lionel en déposant un baiser sur les lèvres de Mona.
- Ta toute belle va bien, gloussa-t-elle en répondant à son baiser.
Ils s’embrassèrent un instant, sans se préoccuper de Harris. Ce dernier se tenait à quelques pas d’eux, les yeux fixés sur les affiches du cinéma. Il attendait comme d’habitude que les deux tourtereaux finissent leur parade pour enfin passer à autre chose. Quand ils mirent fin à leur baiser, ils purent tous entrer dans le cinéma.
Pour le choix du film il y eut un moment d’hésitation, qui fut rapidement tranché par Mona. Puisque Mona voulait voir un film d’horreur, Lionel irait voir un film d’horreur et par la même occasion Harris irait voir un film d’horreur. Harris soupira en prenant place à côté de Lionel dans la salle de projection. Il détestait les films de ce genre, mais ne s’en plaindrait jamais ouvertement devant Mona. Une fille qui supportait les films d’épouvante mieux que lui, quelle horreur ! Il ne se rabaisserait jamais à avouer cela ; alors il passa la majorité du film les yeux plissés pour ne voir qu’un quart de l’écran, fermant les yeux aux moments fatidiques et lorsque la musique devenait beaucoup trop intense pour une annoncer une situation bienheureuse.
Lorsqu’ils quittèrent la salle, Harris était étourdi d’avoir entendu tant de cris, de menaces et vu tant de sang. Malgré tout, il se tenait droit et fier, personne ne pouvait se douter de son état. Personne d’autre que Lionel.
Celui-ci lui demanda comment il allait et Harris ne lui répondit que d’un vague hochement de tête. Mona, elle, ne se rendit compte de rien. De toute façon, elle n’avait d’yeux que pour son ange blond. Elle ne s’en détacha que lorsque Lionel s’éclipsa pour se rendre aux toilettes. Il disparut au coin du couloir et les yeux de Mona se posèrent sur Harris. Elle ne sembla se rappeler de sa présence qu’à cet instant.
- Tu as aimé le film ? Demanda-t-elle avec politesse.
- J’ai adoré, grogna Harris.
Mona parut pensive un moment puis dit d’une voix secrète :
- Tu lui as déjà acheté ton cadeau, toi ?
- Cadeau ? Pour quoi ?
- C’est le week-end prochain son anniversaire, tu le savais, n’est-ce pas ?
- Oui... je le savais, rétorqua Harris après un temps de silence. Mais je ne lui ai encore rien acheté.
- Je ne sais pas quoi lui offrir, soupira Mona. Tu as une petite idée pour moi ?
Harris voulut grogner d’agacement, mais se retint. Elle voulait quelque chose de lui ; il avait momentanément le pouvoir. Peut-être était-ce l’occasion de se jouer un peu de cette idiote !
- Des figurines. Achètes-en lui plein, conseille Harris.
- Mais il n’en a aucune.
- Il a toujours voulu commencer une collection de figurines, mais n’en a jamais eu le courage et l’argent. Si tu lui en offres, il t’en sera reconnaissant toute sa vie, sourit Harris.
Mona hochait la tête pensivement, se demandant déjà où elle pourrait en acheter. Quelques temps plus tard, Lionel revint et ils se rendirent tous à la voiture.
- Tu dors chez moi ce soir ? s’enquit Mona.
Harris serra les dents. Lionel sourit en répondant « bien sûr » à Mona. Lionel déposa son ami à leur appartement puis reprit la route avec Mona. Harris ne prit pas la peine de regarder la voiture disparaître, il était trop tendu pour supporter cela. Il claqua la porte d’entrée et se réfugia de suite dans la chambre de Lionel. Il se déshabilla complètement avec de grands gestes vifs et impatients, puis se glissa sous les draps. Il respira l’oreiller, se délectant de l’odeur de son meilleur ami. Ce qu’il sentait bon, une fragrance entre le savon frais et la menthe ! Il prit de grandes bouffées, attendant qu’arrive enfin le calme.
Lorsque Harris ouvrit les yeux, il se rendit compte qu’il s’était endormi. La lumière du jour pointait à travers les rideaux. Un bruit d’eau attira son attention. La salle de bain était occupée. Harris se leva et tourna la poignée de la salle d’eau. Il entra, vit Lionel sous le jet de la douche. Les parois en verre donnaient des contours géométriques à son corps, mais cela n’en était que plus appréciable. Un Lionel, nu, mouillé ; c’est tout ce qu’il fallait pour faire durcir Harris. Son sexe réveillé à présent se tendait entre ses cuisses.
Il s’approcha et ouvrit la douche. Lionel sursauta, mais se calma dès qu’il croisa son regard.
- Tu es réveillé, constata Lionel. Tu as bien profité de mon lit cette nuit. Et tu n’as pas remis ma chemise sur un cintre. Merci de l’avoir jeté par terre.
- Je suis désolé, grommela Harris d’une voix rauque.
- Mes chemises ne se repasseront pas avec tes désolés, Harris.
- Tu m’en veux ?
- Oui, je t’en veux, grinça Lionel en passant le visage sous l’eau.
Harris le regarda un instant faire avant de lui donner son dos, de lui présenter son cul. Lionel l’observa sans comprendre.
- Si tu m’en veux, punis-moi ! Fit Harris en écartant avec grâce ses lobes fessiers.
Lionel scruta cet anneau de chair gonflé qui n’attendait que son membre, qui le suppliait de le trouer de son sexe. Il savait à quel point ce serait bon d’être à l’intérieur, comme ce serait humide et chaud et serré ! Plus serré que le vagin de Mona !
Beaucoup plus serré que Mona...plus serré et meilleur que Mona…
Lionel sentit son membre se tendre d’impatience. Il l’avait déjà fait avec Mona hier soir et avant de partir ce matin de chez elle, mais son sexe en redemandait.
- Allez, vas-y, je sais que t’en as envie, gémit Harris en tortillant sa croupe.
Lionel brûlant d’envie, se rapprocha de son ami et présenta son membre contre l’anus offert. Tout doucement et peut-être aidé par l’eau de la douche, son sexe passa l’entrée. La chaleur qui l’envahit était divine. Lionel se retint avec difficulté de gémir bruyamment. Il serra les dents pendant que le plaisir lui parcourait les veines à grande vitesse.
Il se mit à faire des allers-et-venus, donnant à ses hanches de plus en plus de force. Il accélérait pour le plus grand bonheur de Harris, qui le crâne contre la paroi de verre gémissait. Il ne se retenait pas, il savait que ses démonstrations de plaisir enflammaient son ami. Il devinait que cela aidait Lionel à se sentir plus viril, plus sûr de sa capacité à donner du plaisir.
- Continue, c’est tellement bon, geignit Harris en balançant des hanches contre Lionel.
Lionel poursuivit ses coups de rein, perforant au mieux son ami. Quand son désir devint insupportable, il obligea Harris à se redresser, puis le plaqua contre la paroi de verre. Harris se laissa faire, languissant. Le sexe de Lionel lui sembla plus imposant ainsi et un cri lui échappa. Son ami continua ses va-et-vient délicieux, jusqu’à ce qu’il se crispe et que son sperme jaillisse. Lionel soupira en se laissant aller à l’intérieur de Harris.
Son orgasme redescendu, il remarqua que Harris n’avait pas encore jouit. Il était encore bien dur. Il le fit se retourner, afin qu’ils se retrouvent face à face.
Harris se jeta sur lui, s’accrochant à son cou pour l’embrasser. Il lui aspirait les lèvres avec passion, glissait sa langue contre celle de son ami. L’embrasser était divin, mais ce n’était pas suffisant. Il lui en fallait plus.
- J’ai envie de toi, gémit-il, suppliant.
- Tu auras mes doigts, répondit Lionel en lui caressant les hanches.
Harris fronça les sourcils.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Tu ne veux pas de mes doigts ? s’enquit Lionel. Je débande, je ne suis pas un surhomme.
- Va pour les doigts, grommela Harris.
Lionel faufila sa main entre les cuisses de son ami pour atteindre son postérieur. Lorsque ses doigts trouvèrent son anus, ils y entrèrent sans peine. Deux doigts ne suffisaient pas, Lionel en fourra quatre d’un coup. Harris se sentit comblé. Le désir se répandait dans son corps, comme une fumée qui montait peu à peu jusque dans son crâne. Il embrassait tout ce qui était à portée de ses lèvres ; des joues, des lèvres, un nez, un menton, un cou, une mèche de cheveux, une clavicule, une épaule, des pectoraux, des tétons…
- Ne te penches pas comme ça, j’arrive pas à garder ma main dans ton derrière, gloussa Lionel en forçant Harris à se redresser.
- Va plus vite...plus vite !
Lionel enfonçait sa main de plus en plus vite, avec la rigueur d’un métronome. Harris se mit à râler, gémir, soupirer de bonheur. Son sexe dur s’arc-boutait et il éjaculerait très bientôt. Il suffit que Lionel posa son autre main sur la joue de Harris pour que celui ci se déverse. Tout en jouissant, Harris frottait son visage contre la paume de son meilleur ami. Il ronronnait de plaisir. Cette paume était si douce, si forte, si tendre. Elle lui donnait des frissons tout le long de son échine. Il lâcha un second jet de sperme qui atterrit sur le ventre de Lionel.
Essoufflé, Harris se mit à glisser contre la paroi, mais Lionel l’empêcha de retrouver le sol. Il le soutint entre ses bras le temps que Harris retrouve ses esprits. Étroitement serrés, ils laissaient l’eau couler sur eux, sans se rendre compte que le temps filait.
- Je suis désolé pour ta chemise, je te promets de la repasser, déclara Harris, la tête posée contre l’épaule de Lionel.
- J’ai hâte de voir ça.
- Tu ne voudrais pas sécher aujourd’hui ? Juste aujourd’hui !
- Non.
- Intello !
- Cancre ! Répliqua Lionel.
- On pourrait aller faire une très longue promenade, rien que tous les deux. Ensuite, on irait au resto, on mangerait indien…
- J’aime pas manger indien.
- Japonais alors ! Ou chinois ! C’est toi qui choisis ! Lança Harris en lui faisant un baiser dans le cou.
- Je ne sécherai pas, Harris. Et Mona déjeune avec nous aujourd’hui, alors je n’ai pas envie de devoir lui expliquer pourquoi je ne me suis pas rendu en cours ce matin.
- Tu n’as pas à t’expliquer devant cette idiote ! Rugit Harris en lui mordant le cou.
Lionel s’écarta tout à coup du corps de son ami. Il éteint le jet d’eau et quitta la douche. Harris le regarda se sécher avec une serviette et sortir de la salle de bain, sans un mot. Harris l’imita, le poursuivit jusque dans sa chambre.
Ce fut la mâchoire contractée de Lionel qui alerta Harris.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Un problème ? l’interrogea-t-il.
- Tu sais très bien c’est quoi le problème, grinça Lionel en lui tournant le dos.
Harris leva les yeux au ciel et prit le temps d’enfiler son masque d’indifférence avant de répondre :
- Je ne vois pas de quoi tu parles.
Lionel se tourna vers lui, le regard brillant de colère.
- Tu ne vois pas ? Dit-il. Je ne t’ai pas déjà dit de ne pas rabaisser Mona ? Tu la traiterais de tous les noms si je te laissais faire : idiote, conne, salope, moins que rien, pétasse, et etc ! Tout y passerait !
- Elle ne te mérite pas !
- C’est toi qui la hait ! Mais il va bien falloir que tu te calmes, Harris ! Je ne suis pas prêt de rompre avec elle !
Harris sentit un poids s’ancrer dans son ventre tout à coup. Son masque d’indifférence eut soudain beaucoup de mal à tenir.
- Je te parie tout ce que tu veux que votre couple ne tiendra pas deux mois de plus ! Contra Harris avec venin.
- Tu ne veux pas que je sois heureux alors ? Cela te tuerait d’être un peu content pour moi ?
- Tu serais mieux sans elle !
Lionel retint avec peine la colère qui voulait déferlait sur Harris. Il se tut pour se concentrer sur les habits qu’il devait enfiler. Une chemise à carreaux rouges et blancs. Un jeans noir. Ses chaussures noirs. Il se passait simplement la main dans les cheveux pour se coiffer.
Harris observait ses gestes, muet. Il avait de lui crier dessus, de le frapper, de l’obliger à rompre avec cette putain de Mona ! Mais cela ne fonctionnerait certainement pas. Lionel pouvait se montrer têtu ; et il semblerait qu’il ait décidé d’être têtu concernant Mona.
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