1. Pourquoi tu mens ?

red cluster petaled flower in clear bottle

Le bip bip du téléphone portable de Lionel résonna à travers la petite chambre. Lionel était allongé sur son lit, un épais livre entre les mains. Pressé de finir la page qu’il est en train de lire, mais désireux de savoir qui l’importune à cet instant, il tend le bras vers son portable posé sur sa table de chevet. Il y jette un coup d’oeil et découvre un sms de Mona :

ça te dit un ciné ? Ça fait une éternité qu’on est pas sorti.

Lionel s’apprête à répondre, mais se rappelle un détail important. Il baisse les yeux au pied de son lit sur une silhouette languissante. Un corps mince et élancé et pâle se prélassait sur le tapis au sol.

- Mona veut aller au cinéma, tu veux y aller ? Demanda Lionel au garçon qui lui tournait le dos.

- Je viens, grommela le garçon en se retournant.

Des yeux bleus incandescents apparurent au-dessus d’un petit nez retroussé et de lèvres roses pleines. 
Harris. 
Harris c’était un visage fin et d’une pâleur rayonnante qui était entouré de cheveux noirs très bouclés. Un air de dédain toujours flottait dans ses yeux et il avait une façon de lever le menton, comme s’il lançait des défis à tout le monde.

Lionel pianota un instant sur son téléphone et répondit à Mona :

c’est ok. Harris veut venir aussi. On se retrouve là-bas à 20h.

- Elle ne te lâche jamais la grappe ! Se plaignit Harris en se redressant.

Il grimpa sur le lit, se mit à califourchon sur Lionel.

- Normal, fit Lionel en haussant les épaules. Tu voudrais que ma petite-amie ne veuille jamais me voir ?

- Ce serait mieux, en effet, souffla Harris en se penchant au-dessus de Lionel.

Tandis que Lionel reposait son téléphone sur sa table de chevet, Harris chassa son livre et le fit tomber. Lionel voulut le ramasser, mais la masse de Harris sur lui l’en empêcha. Harris appuya sur ses épaules, le plaquant sur le matelas. Il se penchait dangereusement vers la face de Lionel et celui-ci frémit.

- On avait dit qu’on ne ferait plus rien dès que l’un de nous a une copine, rappela mollement Lionel.

- J’en ai envie, rétorqua simplement Harris. Toi aussi.

- Là n’est pas la question.

- Si, c’est tout ce qui importe. Tu sais que ce n’est pas de la tromperie. C’est...naturel entre nous.

Harris réduit la distance et écrasa ses lèvres contre celles de Lionel. Il entrouvrit les siennes et approfondit leur baiser. Dès qu’Harris glissa le bout de sa langue contre la fine peau de Lionel, ce dernier frissonna et se détourna.

- Attend, Harris, il faut qu’on se prépare, il est dix-neuf heure…

- On a largement le temps de s’amuser un peu, rétorqua Harris. Laisse-toi faire.

Lionel pinça les lèvres, cédant. Son ami déboutonna alors son pantalon pour lui et dézippa sa braguette. Harris baissa juste ce qu’il fallait le pantalon de son ami et fit de même avec son boxer gris. 

- C’est mon boxer ça, souffla Harris.

- Non, c’est le mien.

- Pas du tout, c’est à moi ce boxer.

- N’importe quoi ! C’est moi qui l’ai acheté ! Répliqua Lionel.

- Comme si je ne reconnaissais pas mes sous-vêtements !

- Bah apparemment, puisque je te dis que c’est à moi !

Harris leva les yeux au ciel puis s’empressa de baisser le boxer sur les cuisses de son ami. Une longue tige de chair encore un peu molle attendait entre les cuisses fermes de Lionel. Quelques poils blonds s’épanouissaient sur son bas-ventre et sur ses testicules. Harris en eut l’eau à bouche. 

- Ne me regarde pas comme ça, gloussa Lionel en rougissant.

- Comment je te regarde ? Ricana Harris en levant un sourcil.

- Comme si tu voulais me dévorer. C’est gênant, tu sais ?

- J’aime te mettre dans tous tes états.

Harris se pencha et déposa un doux baiser sur le sexe de Lionel. Celui-ci rougit un peu plus et un gémissement d’impatience lui échappa. Trop fébrile, il ferma les yeux, glissa ses mains dans ses propres cheveux blonds et s’immobilisa. Il savait qu’il allait prendre son pied ; c’était toujours ainsi avec Harris. Mais être aussi pressé que son meilleur ami lui fasse ressentir du plaisir était une sensation excitante et terriblement déstabilisante.

La première fois qu’ils l’avaient fait ensemble, ils avaient seize ans et habitaient dans le même petit village de campagne. Ils étaient devenus les meilleurs amis du monde, ne s’étaient plus lâchés, avaient grandis ensemble, découverts le sexe ensemble et avaient décidés d’étudier dans la même université. Etre des colocataires de chambre universitaire les arrangeaient bien, ils n’avaient pas beaucoup de moyen et vivaient sur leur bourse d’étude. 

Lionel avait choisi des études d’histoire, il adorait tout ce qui était ancien. Il aimait découvrir les récits des personnes ayant vécu avant lui. Il avait l’impression d’entrer dans un nouveau monde avec ses propres rites et coutumes. Il avait pour ambition de devenir historien. Ce qui n’était pas le cas de Harris, mais celui-ci l’avait suivit, prétendant durant les deux premiers mois être fou d’histoire lui aussi. Mais Lionel avait bien fini par comprendre qu’Harris n’en avait rien à faire de cette matière et qu’il n’était là que pour sa compagnie. Lionel en était flatté, mais pour lui c’était les études avant tout.

- Je veux que tu me regardes, ouvre les yeux, lança Harris d’une voix terriblement suave.

Lionel ouvrit les yeux à contre cœur, sachant très bien qu’Harris serait prêt à tout pour arriver à ses fins. 

Lionel vit alors Harris se baisser davantage afin de laisser une traînée de baiser sur son membre qui durcissait d’impatience. Le doux toucher d’Harris fit Lionel frissonner plus fort. Il ne put se retenir de froisser les draps de ses poings. 

- Allez, gémit Lionel.

- Quoi « allez » ? Tu es pressé peut-être ? Se moqua Harris en soufflant sur le sexe devant lui.

- Arrête de jouer, fais-y, continue !

- Monsieur est pressé, mais je ne comprends pas pourquoi.

- Harris !

Harris rit puis retrouva son sérieux. Il empoigna la queue de son ami et la glissa lentement entre ses lèvres gourmandes. Lionel trembla à chaque centimètre engloutis. Que c’était bon ! Quand Harris le prit complètement puis le retira tout aussi doucement, Lionel laissa échapper un lourd gémissement.  Sa respiration s’accélérait malgré lui et son bas-ventre s’enflammait plus vite qu’il ne l’aurait crû.

- Ne me dis pas que tu vas déjà jouir ? Soupira Harris, feignant d’être déçu, alors qu’il ne pouvait réprimer un sourire de satisfaction.

- Tu es le diable en personne !

Harris abandonna quelques instants le sexe de son ami pour retirer ses propres vêtements. Il se débarrassa de son pantalon et de son caleçon, se retrouva nu devant Lionel. Habilement, il grimpa au-dessus de Lionel et plaça la verge de celui-ci contre son trou. Il était déjà prêt pour Lionel ; il l’était toujours. C’est pour cette raison que le membre de Lionel passa aisément l’anneau de chaire de Harris et s’engouffra dans son corps. Harris et Lionel soupirèrent ensemble de soulagement. Harris ne tarda pas à entamer ses mouvements de va-et-vient, montant et descendant. Il s’appuya contre Lionel pour monter de façon régulièrement, puis quand il se fatigua, Lionel prit le relais. Il souleva légèrement le bassin de son ami et se mit à donner des coups de rein contre son postérieur. Harris gémit fort, se sentant bienheureusement envahi par ce bon bout de chaire. 

Lionel l’observa un moment et en le voyant, si dénudé, la peau si pâle et couverte d’un mince voile de sueur, le corps arqué en arrière, le dos cambré de façon indécente, les cuisses contractées...son plaisir en fut décuplé. Il redoubla de force dans ses coups de reins. Harris, sous ses coups de butoir, tressautait au-dessus de lui. 

- Je...je...je v...balbutiais Harris, troublé par son plaisir grandissant.

- Je sais, rétorqua Lionel en comprenant où il voulait en venir.

Lionel vit, sans surprise, le membre tendu de son ami renoncer sous la pression. Une vague de sperme épais s’en alla s’affaisser sur le t-shirt de Lionel. Harris râlait comme un fou, tortillant des hanches, impatient de savourer chaque seconde de cet orgasme fulgurant. Après quelques temps, sa conscience revint et il se rendit compte que son ami s’acharnait dans son arrière-train.

Lionel donnait de vigoureux coups au fond de son ami, pressé de jouir. Voir Harris prendre son pied l’avait excité comme pas permis. A présent, il fallait qu’il jouisse. Pas dans une minute. Ni dans une seconde. Tout de suite.

Il attrapa Harris par les hanches et le renversa sur le lit. Placé au-dessus de lui, Lionel s’enfonçait allègrement en lui et en ressortait fièrement. Il accéléra ses mouvements et sentit la vague monter. La merveilleuse et attendue vague. Quand il en fut submergé, il explosa ; son sexe lâcha son lait tout au fond de son ami. 

Lionel, terrassé par son orgasme, s’effondra sur Harris, qui l’accueillit entre ses bras sans broncher. Leurs respirations sifflantes s’accordaient, leurs corps restaient imbriqués. C’est seulement quand Lionel retrouva une respiration plus calme qu’ils se séparèrent. Il vérifia l’heure sur son téléphone, avant de partir pour la salle de bain sans un mot. 

Harris le regarda disparaître, il n’était pas surpris par cette soudaine froideur. Lionel n’était pas un passionné des conversations avec l’acte et Harris l’avait compris depuis longtemps. Il lui fallait au moins un quart d’heure avant qu’il ne se remette à parler. Harris attendrait alors, sage comme une image, allongé le lit de Lionel. Quand Lionel revint de la douche, une serviette autour de la taille pour seul habit, Harris se redressa : 

- Elle t’a dis quel film elle voulait aller voir ? Demanda-t-il.

Mais Lionel ne lui fit qu’un haussement d’épaules en réponse. Ok, les quinze minutes n’étaient pas encore terminés.

Harris s’en alla prendre sa douche, puis s’habilla. Lionel l’attendait déjà dans le salon, devant la télé allumée. Dès qu’il le vit, Lionel éteint la télé et s’apprêtait à ouvrir la porte de l’appartement, quand il se tourna vers Harris avec un air soupçonneux.

- C’est ma chemise, j’en suis sûr, c’est bien ma chemise, déclara-il en pointant la chemise bleue que portait Harris.

- Non, c’est la mienne.

- Oh que non, c’est ma chemise ! Je l’ai repassé la semaine dernière ! Ne pique pas les vêtements que je prends la peine de repasser !

- C’est pas la tienne, je te dis ! J’ai mes propres chemises ! Répliqua Harris sur la défensive.

- Ah oui ? Et tu les repasses tes chemises ? Toi et moi savons bien que non !

- D’accord, c’est peut-être la tienne, concéda Harris de mauvais cœur. Tu veux que je l’enlève tout de suite ? Que je sortes nu ? Comment tu vas l’expliquer à Mona, hein ?

- Ha ha. Tu peux la garder pour ce soir, mais je veux la retrouver sur un cintre demain. Dans mon armoire, précisa Lionel.

Harris hocha la tête en levant les yeux au ciel. Il savait qu’il n’en ferait rien ; il aimait les chemises de Lionel parce que le tissu était doux, qu’elles étaient à sa taille...et peut-être aussi parce que Lionel les avait porté. Il espérait toujours trouvé l’odeur de Lionel sur le tissu, mais ce n’était que l’odeur douceâtre de la lessive qui l’accueillait. 

Ils quittèrent l’appartement, Lionel fermant derrière eux. Ils montèrent dans la petite voiture blanche de Lionel et se rendirent au cinéma.




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